À la découverte de la pêche sous toutes ses formes !

À la découverte de la pêche sous toutes ses formes ! À la découverte de la pêche sous toutes ses formes ! À la découverte de la pêche sous toutes ses formes ! 27 septembre 2019
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YouCook Pêche à la ligne, pisciculture et ostréiculture : à la découverte de trois activités de la pêche !

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Sur YouCook, nous ne sommes pas les derniers à vous proposer des recettes de poisson, coquillages et crustacés. Pourtant, nous ne savons finalement pas grand chose de leur origine : comment pêche-t-on un poisson, comment élève-t-on une truite en bassin, comment récolte-t-on une huître ? C'est avec ces questions en tête que nous nous sommes rendus à la découverte de trois activités de la pêche !

Sur un bateau de pêche

Le réveil à 3h30 du matin passe difficilement, mais l’excitation nous fait vite oublier notre fatigue : pour cette première journée, nous allons embarquer sur un bateau de pêche pratiquant la pêche à la ligne ! Le rendez-vous est donné à 4h30 au port de Royan, où Marc retrouve Maxime, Éric et Momo devant leur navire : le Business II. Nous embarquons et quittons le port à 5h, non sans avoir fait le plein de glace auparavant pour stocker le résultat de cette journée de pêche que l’équipage et nous-mêmes espérons fructueuse. À cette période, nous pêchons du maigre, un poisson à chair blanche, assez proche du bar.

Après une bonne demi-heure de navigation nocturne sur une mer calme, nous atteignons le milieu de l’embouchure de l’estuaire de la Gironde, où Maxime a son « carré » de pêche. Pendant notre petit périple, l’équipage a posé les appâts sur des centaines d’hameçons. Ces derniers, attachés à des « bras » (du fil de pêche), sont disposés tous les deux mètres sur quatre longues lignes qu’il est désormais temps de mettre à l’eau, c’est ce qu’on appelle la pêche à la palangre. L’ambiance, jusqu’alors détendue et décontractée, devient soudain sérieuse et concentrée : « filer » les lignes est une opération délicate qui nécessite un savoir-faire millimétré, sans lequel la manipulation peut s’avérer particulièrement dangereuse. Il est en effet question de mettre à l’eau plus de 1000 hameçons, un à un, à mesure que le bateau avance et que la ligne défile à toute allure. Un hameçon envoyé trop tard, trop tôt ou tout simplement mal jeté est une menace redoutable pour quiconque se trouve à proximité. Momo, le matelot du bateau, est en charge de cette tâche qu’il effectue presque quotidiennement depuis 20 ans : son geste précis et assuré est particulièrement impressionnant pour les novices que nous sommes.

La mise à l’eau des quatre lignes terminée, nous remontons sur la première ligne qui est déjà à l’eau depuis deux heures. À l’aide d’une sorte de treuil, le matériel est remonté à bord à mesure que le bateau avance. Bientôt, les premiers poissons font leur apparition. Maxime, en même temps qu’il contrôle la vitesse du bateau et du treuil, annonce leur arrivée à Momo qui, d’un geste sûr, les retire des hameçons. Si le poisson est trop petit, il est immédiatement remis à l’eau. À l’arrière, Éric récupère chaque poisson qu’il pèse, étiquette et place dans des bacs qui se remplissent à mesure que nous avançons.

Il en profite également pour nous expliquer leur action sur l’estuaire de la Gironde depuis plus de 20 ans : en période de reproduction, ils récupèrent les œufs des femelles et la laitance des mâles, qu’ils mélangent dans un seau. Les œufs ainsi fécondés sont remis à l’eau dans la foulée, assurant le renouvellement de l’espèce pour les années à venir. Une démarche qu’on ne peut qu’encourager !

Il est désormais temps de rentrer. La pêche a été plutôt bonne : nous revenons au port à 13h, avec près de 140 kg de maigre (parmi lesquels de beaux spécimens atteignant jusqu’à 7 kg) que nous déchargeons dans la criée au milieu de dizaines d’autres bacs appartenant aux différents pêcheurs qui sont également sortis en mer. Le poisson, vendu aux enchères le jour même, partira ensuite dans toute la France, mais aussi à l’étranger, pour se retrouver dans les assiettes de centaines de consommateurs comme vous et moi : bon appétit !

 

L’élevage en pisciculture

Changement de décor et d’ambiance : direction Lerm-et-Musset, dans le sud de la Gironde, dans les terres. Stéphane nous accueille au Moulin du Caouley où il élève des truites en pisciculture : l’occasion pour Jigmé de découvrir un monde peu connu du grand public. Situé en pleine nature, dans une zone Natura 2000, le Moulin du Caouley compte plus de 150 000 truites, élevées chacune pendant plus de 2 ans, de l’œuf à l’âge adulte. Alimentées par un mélange de céréales, d’un peu de protéines marines, de vitamines et de minéraux, les truites et leur environnement font l’objet de tous les soins : si les truites ont besoin d’eau courante pour s’épanouir, il n’est prélevé dans le Ciron (la rivière adjacente) que le strict nécessaire en amont pour alimenter les bassins, avant d’être restitué en aval. L’eau est gérée par un petit barrage doté d’une « échelle à poissons », ne bloquant ainsi pas la migration des poissons sauvages présents dans la rivière.

L’élevage demande à Stéphane une vigilance permanente. S’il est en partie aidé par certaines technologies de surveillance, il doit rester alerte 24h/24 vis-à-vis de nombreux facteurs : oxygénation de l’eau, alimentation des truites, prédation extérieure (hérons, etc.), niveau et qualité de l’eau, évolution de la taille des poissons, la liste est longue et particulièrement technique. Un point essentiel ressort néanmoins de ce qu’il nous présente : tout est mis en oeuvre pour que les truites ne subissent pas de stress, ne soient pas sorties de l’eau et, d’une façon générale, ne soient pas brusquées. Lors du chargement des poissons dans le camion vivier, les épuisettes ont par exemple été abandonnées au profit d’une machinerie permettant de faire monter la truite tout en douceur dans le camion, sans jamais la faire sortir de l’eau. Résultat : les poissons partent de l’élevage vivants et arrivent à la coopérative vivants.

Si les truites sont particulièrement intéressantes pour leur chair, les femelles ont aussi un intérêt supplémentaire pour Stéphane : lorsque vient l’hiver, elles pondent des œufs, qu’il récupère alors : les œufs de truite (ou caviar de truite) sont non seulement savoureux (croquants sous la dent, ils ont un goût légèrement iodé), mais aussi esthétiques : leur couleur orangée apporte une touche visuelle pétillante sur un toast ou dans un plat. Qui plus est, leur récolte, à l’inverse du caviar d’esturgeon, ne nécessite pas d’abattage : la truite est remise à l’eau dans la foulée et reprend sa vie normale.

Si l’élevage en bassin est certes moins spectaculaire que le filage de ligne depuis un bateau, nous ressortons pourtant particulièrement marqués par notre rencontre avec Stéphane : ces quelques heures en sa compagnie nous ont permis de jeter un bref coup d’œil à une activité trop méconnue qui fournit pourtant plus de la moitié du poisson consommé dans le monde.

 

L’ostréiculture sur le bassin d’Arcachon

Pour notre dernière destination, Patrick a rendez-vous avec Clément, ostréiculteur à Andernos, sur le bassin d’Arcachon. Nous embarquons avec son équipage sur son bateau à fond plat et prenons la direction de Piraillan, où il a installé son parc à huîtres. Là encore, nous découvrons un monde complètement différent des deux précédents : l’omniprésence des huîtres sur nos tables n’a d’égal que notre méconnaissance vis-à-vis de leur origine. D’où vient une huître ? Comment se reproduit-elle ? Comment l’élève-t-on ?

Clément prend quelques minutes pour nous éclairer : son captage est naturel ; les larves naissent à la suite d’une fécondation naturelle, dans l’eau, puis vont chercher un support sur lequel se poser. C’est là qu’intervient Clément : il dépose dans l’eau des « collecteurs », constitués de tuiles chaulées, sur lesquels viennent s’accrocher les larves pour s’y développer. À l’hiver, il récupère les jeunes huîtres en grattant la chaux sur la tuile (évitant ainsi de blesser l’huître), puis les place dans des poches qu’il dispose soit dans des cages d’eau profonde, soit sur des « tables », sortes de structures en fer sur lesquelles les poches sont étalées.

Les huîtres reprennent alors tranquillement leur croissance. Mais si on peut aisément compter 2000 individus en bas âge dans une poche, on dépassera rarement les 200 une fois leur taille adulte atteinte. C’est là tout le travail de l’ostréiculteur, qui, au cours des trois à quatre années de croissance de l’huître, va régulièrement venir « dédoubler » les poches en réduisant peu à peu le nombre d’huîtres dans ces dernières. Dédoubler une poche semble aisé sur le papier, mais demandez à Patrick : il vous confirmera que cela demande bien plus de doigté qu’on ne se l’imagine !

Nous passons ainsi l’après-midi à aller de table en table pour récupérer les poches, les dédoubler, puis les rattacher dans l’eau. Le temps au beau fixe et le calme estival rendent l’expérience particulièrement agréable, mais nous gardons en tête que Clément et son équipage, eux, sortent toute l’année, hiver compris !

 

Il est temps de rentrer au port, et la fin de cette sortie en mer avec Clément marque également la fin de notre découverte du monde des filières aquatiques : quelle expérience ! Les activités du monde de la pêche, toutes plus différents les unes que les autres, n’ont cessé de nous surprendre, et c’est des étoiles plein les yeux que nous revenons sur Bordeaux, marqués par les humains rencontrés sur place et la passion qui les anime.